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Pour Éric Chevillard
Jean-François Hamel, Camarade Mallarmé. Une politique de la lecture

Le 2 janvier
Critique n° 799 : Fauteurs de doute
Philosophie n° 120

 

Romans
Courir

Jean Echenoz
Courir

2008
144 p.
13,80 €
ISBN : 9782707320483

99 exemplaires numérotés sur Vergé des papeteries de Vizille



Version numérique



On a dû insister pour qu'Émile se mette à courir. Mais quand il commence, il ne s'arrête plus. Il ne cesse plus d’accélérer. Voici l’homme qui va courir le plus vite sur la Terre.

Les premières pages

Feuilleter un extrait

 

La revue de presse

Patrick Kéchichian, Le Monde, vendredi 10 octobre 2008

Une course jubilatoire d'Echenoz

A sa façon élégante et joueuse, l'écrivain emboîte le pas du sportif tchèque Emil Zatopek

La critique du dernier Echenoz pourrait tenir en deux paragraphes. Sur le modèle suivant : Résumé. L'auteur de Lac (1989, réédité chez Minuit dans la collection de poche « Double ») raconte la vie du coureur de fond tchèque, Emil Zatopek. Né en Moravie en 1922, mort à Prague en 2000, Zatopek commence à cultiver ses aptitudes pour la course à pied durant l'occupation nazie. A partir de 1948, il devient l'une des gloires de l'athlétisme mondial 5 000, 10 000, marathon... et s'illustre notamment aux Jeux olympiques d'Helsinki en 1952. Ayant arrêté sa carrière en 1957, colonel de l"armée et membre du Parti communiste, il devient fonctionnaire du ministère de la défense. Après le « printemps de Prague », il prend position en faveur d’Alexandre Dubcek. Il est alors exclu du Parti communiste et de l’armée, contraint à faire son autocritique et envoyé dans une mine d’uranium.
Analyse. Respectant la chronologie, Echenoz ne retient que quelques épisodes saillants de la carrière du sportif, certains traits de caractère, des anecdotes en nombre limité. Il s’attache surtout à montrer le goût et le sens de l’effort de celui que l’on surnomma la « locomotive tchèque ». Par touches légères, entre ironie et indignation, il dépeint également l’ambiance politique de ces années dans une démocratie populaire qui tentait de gérer, à son bénéfice, la carrière de son champion.
Avec une conclusion du type « à lire sans tarder » ou « Echenoz au mieux de sa forme », tout serait-il ainsi dit ? Nullement, et en tout cas pas l’essentiel. Comme pour Ravel (2006), l’intérêt et la qualité de Courir tiennent à l’art admirablement subtil, pesé au mot, à la virgule près, que Jean Echenoz déploie pour dessiner une figure. Certes pas n’importe quelle figure arbitrairement tirée de l’histoire officielle - de la musique pour Ravel, du sport pour Zatopek – mais choisie en raison de certaines caractéristiques ou bizarreries… En raison, osons le mot car il décrit rigoureusement le sujet de Courir, d’une idiosyncrasie (notion qui désigne la prédisposition d’un individu à réagir singulièrement à une impulsion ou une influence extérieure, à un défi sportif par exemple).
Il ne s’agit pas davantage de restituer la totalité de cette figure, mais un certain profil, une certaine ligne du visage, du corps, de le personne, de l’être même. Très peu de psychologie en revanche, surtout celle que l’on qualifie « des profondeurs », laissons cela aux spéléologues de cette science aléatoire soumise à l’incertitude et aux caprices des interprétations, semble dire Echenoz. Le visible, le manifeste recèlent bien assez de mystère. A ce propos, adressons à l’écrivain un salut reconnaissant : sa manière élégante et joueuse de naviguer à la surface des flots noirs de l’inconscient nous libère, nous fait du bien.
L’important c’est donc de trouver le bon éclairage, de montrer sous une lumière soigneusement choisie, réglée – celle du style, bien sûr –, ce sujet, ce profil, cette personne… Cependant, l’art ne serait ici que pur artifice s’il n’avait pas l’effet d’un révélateur : sans lui, nous ne saurions voir vraiment, même ce qui est visible, manifeste.
Jusqu’aux deux tiers du livre, Emil Zatopek, sous la plume de Jean Echenoz, se nomme juste Emile. Ce « e » français n’est pas anodin. Il signale une appropriation, un léger et nécessaire décalage par rapport au sujet réel : le coureur tchèque, avec son nom, sa biographie, son caractère, ses records. Ce nom, Zatopek, n’apparaît donc que tardivement. Comme si l’écrivain, après s’en être emparé, après cet hommage à sa façon, le rendait à sa propre histoire. Histoire dont pas une date ne figure dans l’espace indépendant du roman.
Echenoz ne regarde pas Zatopek comme un surhomme nietzschéen. C’est même tout le contraire. Pas d’idéalisation. La légende ne l’intéresse pas, ni les vertus de l’héroïsme. Il aime, et le dit à sa façon, l’homme au bonnet, souriant de toutes ses dents, généreux, polyglotte, pris dans l’étau du régime… Il aime le prosaïsme de l’effort, la douleur réelle, les grimaces, le dédain du beau style et « cette allure bizarre et fatiguée, montée sur des gestes roidis d’automate », le « perpétuel dodelinement de la tête et le moulin permanent [des] bras ». En fait, ce qu’il aime pardessus tout, c’est la légèreté et la grâce, la foulée et l’envol, associés, comme la carpe et le lapin, au corps pesant, souffrant.
La course de fond est-elle une métaphore de l’écriture, comme pour Leiris la tauromachie ? Qu’importe. La question est ailleurs : pourquoi diable la lecture d’Echenoz – et de Courir singulièrement – nous procure-t-elle une si parfaite jubilation ?

Patrick Grainville, Le Figaro, jeudi 9 octobre 2008

Courir les mains dans les poches

En 140 pages, le romancier réinvente avec grâce la vie d'Émile Zatopek, le légendaire champion de course à pied.

Après Ravel, le dandy maniaque, je vous le donne en mille, Echenoz poursuit sa veine biographique avec Émile… Le ton est lâché, plus familier que d'habitude. Echenoz expédie sa documentation toujours précise. Vitesse. Car Émile, oui, c'est Zatopek ! Coureur sans style accélérant vers la cible. Le sport n'est pas le fort de ce grand gars dégingandé qui a la tête d'une cafetière de Soutine. Nulle vocation romantique. Émile doit sa première course à la Wehrmacht qui vient d'annexer la Tchécoslovaquie. Le sport fortifie la race. Mais la dégaine d'Émile sur la cendrée n'est pas photogénique. Leni Riefenstahl l'aurait fui !
Corps dévissé, on dirait un échassier hagard, un bagnard qui fonce vers la sortie. Il court d'abord pour obéir, rester dans le moule de l'armée où il sert. Mais après quelques essais passables le bon petit soldat fait sauter la baraque ! Il s'entraîne comme une bête. Son corps de coureur grotesque invente des accélérations inouïes et syncopées, couronnées par un sprint final ! Cet autodidacte homérique est entêté comme une étoile. Les Russes chassent le Reich. Émile relève ses premiers défis internationaux. Ses rivaux courent relâchés, élégants et suaves, oui, comme le style d'Echenoz dans ses romans emblématiques. Mais, lui, Émile s'acharne tel un moujik et un malade. Gauche et laid dans l'effort comme l'âne du poème de Victor Hugo dont le front porte des étoiles ! Car il gravit tous les échelons. Émile si heureux et si simple qu'il est promis au paradis !
Echenoz nous fait entrer dans cette fable de sitcom ! D'abord tout le stade de Berlin rigole en voyant défiler tout seul le cul-terreux de Moravie. Il triomphe, c'est le tonnerre dans les tribunes. On adore ces histoires où le dernier de la classe, oui, Charlot, devient roi. Echenoz joue cette partition dans une sorte de premier degré candide et drolatique. Il évite ses habituels canons plastiques tout comme l'emphase qu'appelle le sujet. Il multiplie les « ça » triviaux. Après tout Zatopek l'emporte grâce à son style impur. C'est un athlète sans race qui vient coiffer le surhomme à Berlin ! La victoire de Quasimodo sur la piste belle comme Esmeralda. Mais l'air de rien, Émile potasse son sujet, c'est un méthodique instinctif, ses calculs sont paroxystiques. De même Echenoz sous la coquetterie de ce style parlé inhabituel vous trousse des litotes et des antithèses qui sonnent comme des fanfares.
Le prolétaire le plus rapide du monde
Chaque victoire de Zatopek nous prend à contrepied et nous coupe le sifflet. On marche, on court derrière l'ingénu monstrueux. Alors Echenoz se fend de quelques pages de grand écrivain classique sur le féroce débraillé de Zatopek analysé à la loupe et sur la sèche pétarade si évocatrice de son patronyme de pantin. Le voici promu héros stalinien, c'est le prolétaire le plus rapide du monde. Trois médailles d'or à Helsinki. Pendant la terreur des goulags, il bat tous les records. Ouf ! Il rallie Dubcek lors du printemps de Prague. Pour le punir on l'envoie travailler dans les mines d'uranium. C'est Saint-Hélène pour lui ! Puis on lui refile un boulot d'éboueur mais, à leurs fenêtres, les gens l'ovationnent quand il suit le fourgon à poubelles comme un carrosse de Cendrillon ! Echenoz emballe ce cadeau en quelques lignes. Le lecteur conquis par le conte de fées applaudit à sa fenêtre, lui aussi. Un jour, en Bretagne, à la plage, j'ai vu Jean Echenoz nous quitter, des amis et moi, pour se mettre à nager un vrai marathon, loin dans la mer glacée. Endurant et grimaçant. Émile, c'est moi !

Minh Tran Huy, Le Magazine littéraire, octobre 2008

Echenoz sur les talons de Zatopek

Utiliser les éléments biographiques d'un être réel comme combustible romanesque : c"était ce que Jean Echenoz avait déjà fait dans Ravel, qui suivait le compositeur depuis sa tournée américaine jusqu’à son décès. Il réitère avec son dernier livre, consacré à l’athlète tchèque Émile Zatopek, qui régna sans rival sur le 5 000 m, le 10 000 m et le marathon, raflant les médailles d’or de ces disciplines lors des jeux olympiques de 1952 à Helsinki. A priori, rien de commun entre ces deux figures, si ce n’est leur exposition médiatique, le génie dont elles ont fait preuve dans leur domaine… et leur nomadisme. Courir s’inscrit dans la lignée des « romans géographiques » chers à l’auteur de L’Equipée malaise, ponctués de voyages incessants, en Inde et en Australie pour Les Grandes blondes, dans les régions arctiques pour Je m’en vais, et jusque dans l’espace pour Nous trois. Voyages dénués de tout exotisme, les parcours et allers-retours des personnages - sous forme de courses-poursuites dans Cherokee ou d’errance à travers la France d’une jeune femme devenue SDF dans Un an – ressortissant à une autre nécessité, celle du seul mouvement, sans aucun apprentissage ou initiation à la clé.
Or, non seulement le sympathique Émile Zatopek ne cesse de se déplacer au gré de compétitions sportives internationales – quand les autorités communistes lui en accordent l’autorisation –, mais son activité proprement dite est par essence liée à la mobilité, ainsi que l’indique Courir, titre éloquent. Et tout l’art de Jean Echenoz tient dans une orchestration savante de la trajectoire d’Émile, qu’il traite de la même façon que son héros rythme ses courses, étirant certains moments, faisant l’ellipse d’autres, rallongeant et condensant tour à tour, usant avec aisance des procédés d’ordre cinématographique et musical dont il est familier. En témoignent les effets de rime qui ponctuent le roman : à l’invasion nazie lors de la Seconde Guerre mondiale répond celle de l’URSS lors du Printemps de Prague, annoncées par deux phrases symétriques ouvrant le premier et le dernier chapitre du livre : « Les Allemands sont entrés en Moravie » (1939), et « Les Soviétiques sont entrés en Tchécoslovaquie » (1968) ; cette deuxième invasion contraste cruellement avec la première entrée des Soviétiques dans le pays… pour le libérer des Allemands (1945). Au sein même de l’intrigue, chacune des courses d’Émile est construite sur un schéma identique (topographie des lieux, départ, épreuve, arrivée, accueil des spectateurs en liesse), dont Jean Echenoz s’amuse à répéter, à varier, voire à supprimer les termes suivant des mouvements qui tiennent d’une rhétorique musicale. Il construit le parcours sportif de son héros comme une partition, reprenant des phrases comme d’autres des thèmes.
Compositeur comme Ravel, Echenoz est aussi un expérimentateur, comme Zatopek, connu pour avoir révolutionné les méthodes d’entraînement. Le sportif tchèque a en effet inventé des techniques nouvelles que l’écrivain nous détaille avec un plaisir d’enfant démontant un jouet, convoquant tant le « système Gerschler » (« entraînement fractionné, chronométré sur piste et à train relativement lent ») que le « système Olander » (« période de footing avec changements d’allure mais, lui, sur parcours souple dans un environnement naturel »). Réapparaît là, en échos aux chaudières et spécifications de vitesse du paquebot de Ravel, ou encore à l’assemblage mi-entomologique, mi-technologique des mouches-espionnes de Lac (qui paraît dans la collection « Double), la prédilection de l’écrivain pour la codification et les discours scientifiques.
Ce livre magnifique est sans doute le plus exemplaire des obsessions, en matière littéraire, de l’auteur de Je m’en vais : il les concentre ici avec une jubilation et une drôlerie extrêmes, allant jusqu’à s’en faire l’évident miroir. Émile, ainsi, est tout autant un créateur qu’une créature, un double de l’écrivain qu’une incarnation de son art poétique définissant le roman comme « machine à fiction ». Surnommé « la Locomotive », il est présenté à maintes reprises comme une mécanique, mais une mécanique qui, alors qu’elle a tout pour gripper et tomber en panne (il court tordu, grimaçant, torturé, et fait « tout ce qu’il ne faut pas »), fonctionne mieux que toutes les autres – un prodige à ce jour encore inexpliqué. C’est là une des images fétiches de Jean Echenoz, qui a souvent comparé ses livres à des moteurs, plus précisément des moteurs avec des dysfonctionnements qui font tout leur intérêt.
Rien de plus merveilleux et, dans le même temps, de plus logique que de s’attacher à un héros-machine dont le nom de Zatopek « claque universellement en trois syllabes mobiles et mécaniques, valse impitoyable à trois temps, bruit de galop, vrombissement de turbine, cliquetis de bielles ou de soupapes scandés par le k final, précédé par le z initial qui va déjà très vite ». Le prix Goncourt 1999 a quelque chose d’un artiste sériel (à l’instar d’un Patrick Modiano) : il retravaille ses préoccupations d’une œuvre à l’autre avec une inventivité et une minutie telles que l’objet littéraire qui en ressort obéit à ses règles tout en les raffinant, les sophistiquant, ou encore les retournant avec une égale subtilité.
Courir tend à la fois vers l’épure (pure machine, pour mouvement, lignes de construction épurées) et vers l’impur, si l’on peut dire, en piochant dans le réel pour construire quelque chose qui ne l’est pas, en restituant les éléments véridiques, tels que la censure et la terreur régnant dans la Tchécoslovaquie communiste, l’autocritique forcée ou la condamnation d’Émile aux mines d’uranium après le Printemps de Prague. Edifier du faux sur du vrai, dans un aller-retour permanent : on retrouve une nouvelle fois une préocupation centrale d’Echenoz, portée à son comble tant est ténue la frontière entre des faits qu’on pourrait croire fictifs et qui se révèlent exacts et des scènes inventées mais s’adaptant parfaitement à la réalité historique.
Instrumentalisation d’un athlète à des fins de propagande, censure et contrôle des informations derrière la façade d’une médiatisation à outrance : la lecture de Courir entre en résonance avec le succès en trompe-l’œil des dernières olympiades à Pékin, capitale d’un régime qui, à l’instar des Soviétiques, n’a pas hésité à employer les chars pour écraser toute velléité de liberté. L’histoire ne se répète pas, mais il lui arrive de bégayer, semble nous murmurer ce roman à triple fond qui déploie tous les paradoxes propres aux grandes œuvres. Complexe dans sa structure mais aérien d’allure, mêlant l’allégresse de la victoire sur soi-même à la mélancolie de l’impuissance face à un Etat tentaculaire, Courir décrit merveilleusement la montée, aussi irrésistible que sa chute fut brutale, d’un homme qui trouva la gloire sans la chercher ni même la désirer, un homme qui, en digne personnage d’Echenoz, connut la lumière de manière illusoire et disparut littéralement dans l’ombre, comme effacé du monde.

Marguerite Duras : le centenaire

Yann Andréa, M.D.

Gilles Deleuze, Foucault

Jean Echenoz/Jacques Villeglé :
Variations autour de 14
Exposition du 4 au 7 septembre 2014 à la galerie
Nicolas Deman, 12 rue Jacques Callot, 75006 Paris


Samih Al-Qassim, Je t'aime au gré de la mort

Le 4 septembre
Laurent Mauvignier, Autour du monde
Julia Deck, Le Triangle d'hiver
Julia Deck, Viviane Elisabeth Fauville
Critique n° 807-808 : Hong Kong prend le large

Le 11 septembre
Philosophie n° 123 : Foucault : a priori, phénoménologie et histoire de la raison

Le 2 octobre
Eric Laurrent, Berceau

Le 9 octobre
Critique n° 809 : Alphabets du moi

Le 16 octobre
David Lapoujade, Deleuze, les mouvements aberrants

Le 6 novembre
Critique n° 810

© Les Éditions de Minuit
Site édité avec le concours du Centre national du livre
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